1. Créer des connexions

Plus il y a d'intermédiaires, plus il y a de difficultés à avoir un time to market court entre une idée et sa réalisation. Multiplier des connexions secondaires en parallèle de connexions "officielles" permet d'augmenter sa fluidité : s'adressez toujours à la même personne est un smell.

Quand l'intermédiaire commence à faire uniquement du passe plat, il est en temps de passer outre. Typiquement, le product owner est pertinent au moment de la priorisation d'une demande; par la suite quand le véritable client est un webanalyste, il vaut mieux que les développeurs traitent directement avec ce dernier.

Un autre exemple est le manager qui veut être au centre de tout, mais humainement, ne peut juste pas. Fatalement, les sujets en attente de réponse s'empilent car les membres de l'équipe n'ont pas la "légitimité" pour répondre / ont peur de se tromper / n'ont pas envie de bosser pour rien.

Multiplier les connexions entre services permet de tracer des passages pour les messages. Une fois établis, un minimum de confiance doit se mettre en place pour que des choses puissent y circuler.

2. Fluidifier avec de la confiance

Un bon moyen de gagner la confiance des autres consiste déjà à la donner.  Jusqu'ici, je ne l'ai encore jamais regretté.

Rester humain me parait également important : je fais aussi des erreurs et m'excuse quand cela arrive. 

A côté des erreurs, les frictions sont aussi nécessaires. Je ne peux pas faire confiance à quelqu'un qui est toujours d'accord avec moi. C'est louche. On peut également monter une équipe de Zorros qui pense uniformément et qui dépote. Le souci, c'est qu'elle sera démunie quand une autre compétence sera requise (de la rigueur sur des stories d'architecture par exemple).

Quelque que soit notre position dans l'entreprise, les feedback positifs et négatifs permettent d'équilibrer le système. Donnez en à vos subalternes mais aussi à vos collèges et à votre manager. Ils seront peut être surpris au début mais apprécieront les deux tant que vous y mettez la forme.

3. Alignez vous sur votre but

Pourquoi travaillez-vous ? Qu'est ce qui vous rend fier de travailler sur votre projet ?

Nous travaillons pour gagner notre vie. Mais l'entreprise existe pour une raison, elle génère du cash (ou pas) pour satisfaire une demande un besoin. Autrement, elle n'existerait pas et vous travailleriez ailleurs. J'ai travaillé pour que des propriétaires arrivent à gérer leurs travaux d'immeuble, j'ai travaillé pour que des gens puisse mieux voir, j'ai travaillé pour que des entreprises puissent s'enrichir, j'ai travaillé pour que des personnes trouvent du boulot. Et vous ?

Les équipes passent plus tellement plus de temps à diverger et pinailler sur des détails, au point d'oublier qu'on a forcément un but en commun : que notre projet marche. Que les utilisateurs soient contents. S'il y a des frictions, c'est bien que l'on s'en soucie. C'est quelque chose que l'on oublie bien trop vite et qu'il faut régulièrement rappeler.

4. C'est pas lui, c'est son poste (et le vôtre)

Sur le plan professionnel, Jean a vraiment un problème avec Laura. Elle vient toujours l'interrompre pour des sujets sans importance et ne lui dit même pas Bonjour le reste du temps.

De son côté, Laura travaille avec 5 interlocuteurs différents qui lui disent tous qu'ils ont mieux à faire que traiter ses sujets. Pourtant, ce sont des utilisateurs qui sont pénalisés. Elle court partout pour essayer de trouver son sauveur et c'est vrai, omet parfois de saluer dans la précipitation. Cette personne, en fait, c'est parfois vous.

Dans une autre vie, ils se seraient entendus comme cochons et auraient 4 enfants. J'exagère à peine. C'est parce qu'elle travaille au support et vous au développement que vous avez "du mal". C'est la même chose avec ce super collègue que vous ne pouvez plus voir depuis qu'il est manager. Il s'agit pourtant de la même personne.

Les développeurs ont du mal avec les opérationnels, les intégrateurs avec le marketing, le marketing avec les commerciaux, les commerciaux avec les clients  (et l'inverse)... c'est cliché, non ? Comment cela se fait-il au sein d'un même groupe, il y ait moins de tension ? SImple : on réfléchit ensemble à des solutions. On se comprend. On ne nous demande pas d'assurer des urgences.

La distance crée la méfiance et attise la rancoeur. Dur d'apprécier la demande de celui qui nous parle une fois par an pour son bug top prioritaire.

Si vous vous êtes juste parlés quelques fois avant, pendant une pause midi, la demande passe mieux. Bizarre. Trop bête que vous ne travailliez pas au même étage. Pour cette raison, il me semble important de multiplier les opportunités de rencontre, de brassage des équipes. Cela permet aussi de mieux comprendre le besoin de l'autre et de trouver des solutions plus adaptées.

5. Surveillez la barrière : elle repousse toute seule !

La barrière est pleine de mauvaise herbe. Elle pousse encore et encore. Si vous n'entretenez pas sa coupe, elle deviendra si haute que vous ne verrez plus l'autre, vous commencerez à imaginer les pires intentions / négligences derrière chaque action / non action de sa part.

C'est le moment d'organiser un apéro. Nourrissez la relation. Brassez-vous avec les autres.

Certains détestent les réunions parce qu'ils ne produisent pas pendant ces moments là. C'est vrai qu'il ne faut pas qu'il y en ait trop. Je suis néanmoins choquée lorsque j'entends le discours de Jason Fried à ce sujet. Si un jour, je ne communique plus que par mail, je saurai que c'est la fin.

J'aime produire mais j'aime aussi les relations, c'est ce qui permet de progresser en tant qu'individu et d'avoir un projet performant. Si on ne voit jamais l'autre, je pense sincèrement que l'on finit fatalement par au mieux s'ignorer. Ce qui revient aussi à travailler les uns contre les autres en privilégiant son objectif local.

Exemples d'outils

Voici quelques exemples d'actions permettant d'abaisser les barrières.

A l'échelle d'une équipe

  • Rétrospectives
  • One on One
  • Workshop
  • Brainstorming
  • Déjeuner d'équipe
  • Recrutement
  • Binômage

A l'échelle d'un métier

  • Communauté de pratiques
  • Projets communs
  • Recrutement
  • Retour d'expériences (technique ou fonctionnel)

A l'échelle d'un projet

  • Rétrospectives mixtes
  • Binômages transverses
  • Portfolio
  • Poules aux standup
  • Guests aux réunions
  • Demandes d'aides
  • Brainstorming
  • Aller voir / gemba walk

A l'échelle d'une entreprise

  • Atelier de zoning
  • Retour d'expérience d'un métier : une personne du référencement intervient à une réunion d'équipe pour nous parler de son job
  • Vis mon job : pendant une demi journée, nous avons la possibilité de vivre un autre métier, une fois par an. Accueillir quelqu'un est aussi assez sympa pour avoir un autre point de vue.
  • Brainstorming
  • Prototype / tests utilisateurs (qui aligne sur un but commun, factuel)
  • Design studio
  • Pilotage par la mesure (qui aligne sur un but commun, factuel)

Et vous, quelles sont vos barrières et quelles sont leurs conséquences ? Que faites-vous pour travailler ensemble ?