Il s'agit de demander à un groupe de personnes laquelle de deux lignes tracées est la plus longue. Parmi ce groupe, tout le monde en réalité est complice, sauf un, et l'ensemble défendra avec force la mauvaise réponse. Influencée par ces pressions, la personne finit par croire elle aussi que le trait le plus court est le plus long. Tu vois, la majorité n'a pas toujours raison.

Ce n'était pas ce que je voulais dire. Je voulais dire que dans la mesure où la majorité n'a pas été convaincu, j'ai tort. Si mes raisons et arguments ne font pas echos et ne parlent apparemment qu'à moi, le fait "d'avoir raison" ne vaut rien. Par ailleurs, c'était un détail et je préférai préserver mon énergie pour quelque chose de plus sérieux.

Au final, le plus important dans une décision, c'est le consensus du groupe. Même si la décision s'avère mauvaise au final, si à un moment donné elle a semblé la meilleure pour tout le monde ou presque, c'est celle là qu'il faut suivre en premier. Si dans le futur, on se trompe, on donnera un peu plus de crédit à la voix isolée. On aura décidé (consciemment ou pas) d'être plus sensible à l'expertise de telle personne.

Attention aux faux consensus : a la longue, si cette confiance devient trop forte et que la seule raison de suivre une décision est "parce qu'untel l'a dit", elle ne sera pas réellement suivie. Elle constitue donc aussi une "mauvaise décision", avec un seul porteur.

J'ai besoin de faire mes erreurs

Il m'arrive d'entendre les arguments très rationnels de personnes pour me dire qu'il vaut mieux éviter telle voie. Parfois, je n'arrive juste pas à être convaincue, j'ai besoin de faire l'erreur. Pour me rendre compte par moi-même du pourquoi des échecs et des conséquences. Et puis, je ne connais personne qui ait tout le temps raison.

De plus, chaque expérience est différente. Ce n'est pas parce que telle solution n'a pas fonctionné pour X qu'elle ne fonctionnera pas dans mon contexte. Non ?

Les autres aussi



L'inverse est vrai aussi. Pour le coup, je n'ai pas d'exemple en tête, mais je suis sûre que vous en trouverez. Vous avez dit et répéter la même chose à quelqu'un : votre manager, un collègue, votre enfant, votre copine, un ami. Mais votre message n'a jamais semblé atteindre le destinataire, son comportement est resté strictement identique. Un beau jour, votre manager/collègue/enfant/copine/ami vous dira : "<la phrase que vous rabacher depuis des lustres>", comme si votre message avait fini de traverser l'univers pour atteindre tout à coup son cerveau.

Le premier réflexe est de le prendre personnellement. Mais sii, on vous écoute. Il a juste eu lui aussi besoin de sentir les conséquences de son comportement pour arriver à la même conclusion (ou pas).

bebe_marche.jpgDe plus, c'est parfois moins efficace de donner directement la voie à prendre que de laisser les gens faire leur expérience. Expliquer à un enfant comment marcher avec des descriptions est plus long que de le laisser tatonner, au risque de tomber. C'est de cette façon qu'il interiorisera le mieux les choses à faire et à ne pas faire.

C'est difficile de laisser faire

Je me suis rendue compte dernièrement à quel point c'était dur de ne pas intervenir lors d'un atelier A3. En me taisant, l'autre personne a tout le loisir d'explorer un chemin que je n'avais pas du tout vu. Et au moins, ce chemin sera engagé. On ne pourrait pas dire la même chose d'une solution parachutée par un consultant. Merci à Pascal Van Cauwenberghe de m'avoir permis de mettre le doigt sur ce point.

C'est plus long, mais le jeu en vaut la chandelle, comme toute bonne donne décision.